|
Viennent aussi bien sûr, à la suite de la lettre,
le chiffre, la notation, les signes et symboles éternels....
et puis, peut-on prendre le même dans les années
soixante, quatre vingt, deux mille ?
Je ne crois pas.
J'ai peur
des regrets : à l'âge de quinze ans j'ai obtenu
une bourse pour étudier les beaux-arts à LONDRES
( St Martin's school, puis central school ) grâce à
des dessins de branches de pommier. Pourtant de toute ma vie
je n'ai jamais possédé de jardin.
J'aurais
voulu aussi être mieux apprécié comme
"passeur" entre figuration et abstraction, entre
hédonisme et austérité, entre dessin
et peinture.
Autre constante, au milieu d'une mer de lamentations sur l'enfance
malheureuse des uns, sur le manque de repères des autres,
j'ai toujours tenté de véhiculer dans mes tableaux,
la vitalité, l'énergie (et non la violence),
l'ascendant, le lumineux et les lignes de force.
J'ai pu
partager cet enthousiasme avec quelques collectionneurs, au
milieu d'un public indifférent, livré en pâture
à la publicité et aux médias.
Aujourd'hui il faut se battre, sabre au clair, contre toutes
les forces qui tentent de faire croire que la peinture est
un art dépassé, moribond : triomphe de l'éphémère
sur le durable.
NON, un tableau n'est pas une image.
SERGE DETURVILLE
|