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Manifeste
MADI par Carmelo Arden Quin (suite)
Bref, l'art avant Madi, tant dans le jugement de son propre
contenu de classe que dans son idéologie et sa pratique
peut être qualifié :
d'un historicisme scolastique, idéaliste ;
d'une conception irrationnelle ;
d'une technique académique ;
d'une composition unilatérale, statique et incohérente,
nous donnant des oeuvres exemptes de vraie universalité,
de vraie trouvaille, et tout cela servi par une conscience,
ou inconscience, imperméable à une rénovation
permanente de méthode et de style, seule voie pouvant
nous amener à créer l'événement.
Contre tout cela se dresse Madi, qui confirme le désir
inaliénable de l'homme d'inventer, d'aller toujours
de l'avant, de faire des objets dans le contexte des valeurs
permanentes, coude à coude avec l'humanité dans
sa lutte pour la construction d'une société
sans classe qui libère l'énergie et en vienne
à dominer et l'espace et le temps en tous sens, de
même que la matière, jusqu'aux ultimes possibilités.
Sans rigueur descriptive en relation avec la totalité
de la structuration, l'objet ne peut pas être réalisé
ni intégré dans l'ordre universel de l'évolution.
C'est ainsi que le concept d'invention doit être défini
comme passage, comme faculté, jaillissement du désir,
et celui de création comme acte, événement,
comme essence se montrant et agissant éternellement.
pour le Madisme, donc, Invention sera dévoilement,
pressentiment de la chose, la chose en puissance, et Création,
la chose réalisée.
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